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Mes lectures sur la pharmacothérapie

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Le Devoir et Le Monde

Dans Le Devoir du 5 janvier 2005, Marie-Éva de Villers publie le deuxième article sur la comparaison qu'elle a effectuée entre Le Devoir et Le Monde.  Elle y parle des faux amis et des québécismes d'emprunt suivants:

- emploi des noms «accomplissement» au sens d'exploit, de réalisation, «dépendant» au sens de personne à charge, «déportation» au sens d'expulsion, «globalisation» au sens de mondialisation, «gradué» au sens de diplômé, «irritant» au sens de problème, difficulté, «offense» aux sens de délit, infraction ou crime, «spéculation» au sens de conjecture, hypothèse, «support» au sens de soutien;

- emploi des verbes «accommoder» aux sens de rendre service à, aider, satisfaire ou de recevoir, accueillir, «affecter» au sens de toucher, influer sur, «encourir» (des frais, des pertes) aux sens d'engager (des frais), subir (des pertes), «endosser» au sens d'appuyer, approuver, «identifier» au sens de déterminer, établir, «initier» au sens de lancer, instaurer, «opérer» aux sens d'exploiter, diriger, gérer, «prévaloir» au sens d'avoir cours, exister, «questionner» au sens de mettre en question, mettre en doute;

- emploi des adjectifs «académique» au sens de scolaire, universitaire, «alternatif» au sens de différent, novateur, «digital» au sens de numérique, «éligible» au sens d'admissible, «formel» et «informel» aux sens d'officiel et officieux, «légal» aux sens de juridique, judiciaire, «monétaire» au sens de financier, «trivial» au sens de dérisoire, insignifiant;

- emploi des adverbes «définitivement» au sens d'assurément, certainement, «éventuellement» au sens de plus tard, par la suite, et «incidemment» au sens d'à propos, au fait, soit dit en passant.

06/01/2005 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

De journalisme scientifique

Est-ce que nous avons accès à une information scientifique de qualité dans les médias écrits et électroniques ? Il semble qu'on relègue de plus en plus la science à des journalistes qui ne sont pas spécialisés et qui doivent composer avec des dossiers complexes tout en ayant très peu de temps pour pouvoir mettre les choses en perspective.

André Picard, dans The Globe & Mail reprend les propos de Gary Schwitzer, publiés dans le British Medical Journal et qui analyse la couverture médicale dans des stations de télévision américaines. Il y fait mention notamment des points suivants:

1. La brièveté des bulletins
2. L'absence de journalistes spécialisés
3. L'absence de données scientifiques fiables pour appuyer les affirmations d'efficacité exceptionnelle
4. L'hyperbole
5. Le biais commercial.
6. La source unique avec tous les problèmes que celà comporte en médecine
7. L'utilisation de données provenant d'études chez les rongeurs pour en déduire des effets chez les humains

Un article de Louise-Maude Rioux Soucy dans Le Devoir du jeudi 23 décembre est intéressant à cet égard.  On y rapporte les propos d'un rhumatologue, le Dr Jean-Pierre Pelletier de Montréal à propos des anti-inflammatoires et l'information récente sur le Naproxen.

Selon le Dr Pelletier, pour qu'une étude soit valable, elle doit disposer d'un échantillon d'au moins 25 000 personnes et sa question doit être précisément ciblée. «La taille d'un échantillon commande la grosseur de l'échantillon. Ici, on n'avait ni la bonne taille ni la bonne question. Ce n'est pas un travail scientifique.»

Cette affirmation est pour le moins surprenante. Est ce que le Dr Pelletier veut dire qu'on aurait besoin d'une étude qui enrôlerait 25,000 patients pour détecter un effet secondaire cardiovasculaire qui était déjà présent dans l'étude Vigor et qui comprenait elle 8,000 patients ? Cette affirmation doit être nuancée et expliquée sinon elle discréditerait toutes les études effectuées en rhumatologie ( aucune ne comporte un tel nombre de patients).

Puis plus loin dans l'article, on y affirme ce qui suit;

«Le Vioxx se détachait nettement du lot en montrant des risques accrus d'incidents cardiovasculaires alors que le Celebrex montrait au contraire des effets cardioprotecteurs», note le rhumatologue, qui s'est plongé dans l'étude dès sa publication.

Donc ici, bien qu'il n'y ait pas eu d'études comportant 25,000 patients, le Dr Pelletier affirme que le Vioxx se détache du groupe....N'y a t-il pas là une contradiction ? Pourquoi le Dr Pelletier traite-t-il le Naproxen différemment du Vioxx, Bextra ou Celebrex ?

Et ça continue,

Encore une fois, le Dr Pelletier émet de sérieuses réserves sur la validité de cette étude. «S'il fallait qu'Aleve soit si mortel, on l'aurait su bien avant. Dans plusieurs pays, ce médicament est en vente libre. C'est de loin le médicament le plus vendu de la planète, il n'y a pas lieu de s'inquiéter.»

Ici, on commet deux fautes. La première, le Naprosyn vient en 60 ième place bien après le Celebrex, l'ASA, le Vioxx ( avant son retrait) et le Lipitor en terme de médicaments prescrits selon IMS.  Puis, on ne détermine pas l'inocuité d'un médicament à partir de sa popularité.  On le fait en organisant des essais contrôlés avec un échantillon prédéterminé.

01/01/2005 dans Industrie pharmaceutique | Lien permanent | Commentaires (1)

Jeux vidéo

Les sections Affaires du Devoir et de La Presse du 8 décembre font toutes deux état de la conférence prononcée par M. Martin Tremblay, p.-d.g. d’Ubisoft Montréal devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Selon celui-ci, le Québec doit investir dans la formation en multimédia et continuer à offrir des crédits d’impôt aux fabricants de jeux pour compétitionner avec les Melbourne, Séoul et autres Marseille de ce monde.

Or, il me semble qu’il est important de se pencher un peu plus sur cette industrie avant de la présenter comme la pierre angulaire du paradis technologique qu'elle semble nous promettre.

D’abord, c’est une industrie qui offre des conditions de travail qui frisent l’exploitation selon Randall Stross qui publie un article sur le sujet dans l’édition du 21 novembre du New York Times. Cette affirmation est corroborée par une étude sur les conditions offertes aux gens de cette industrie dont la revue Convergence du mois de novembre/décembre publie des extraits.

Ensuite, il faut évaluer l’effet que la surconsommation de leur produit a sur la santé des jeunes et des moins jeunes et consulter les études de plus en plus nombreuses qui établissent maintenant un lien entre certains types de jeux vidéo, l’agressivité, l’obésité et dans certains cas extrêmes, l’épilepsie.

L’idée de créer des partenariats avec les institutions d’enseignement québécois est bonne. Pourquoi ne pas utiliser les crédits d’impôt pour les financer ? En partenariat avec les institutions d’enseignement universitaire et collégial, on pourrait satisfaire aux besoins en personnel qualifié de l’industrie. Puis, s’il reste un peu d’argent, on pourrait l’utiliser pour sensibiliser la population à l’importance de la modération dans l’utilisation du jeu vidéo comme mode de divertissement.

Finalement si le gouvernement continue à verser des subsides à cette industrie, il devrait sérieusement y associer les règles qui régiraient les conditions de travail que le New York Times compare à l’univers d’Oliver Twist.

23/12/2004 dans Jeux vidéo, Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

Les ressources halieutiques

Est-ce que l'état actuel des ressources halieutiques au Canada ( en particulier les stocks de morue ) serait différent si on avait écouté les scientifiques comme on l'a fait en Nouvelle-Zélande et en Islande ?
Un article de Jeffrey Simpson dans le Globe & Mail. du 16 octobre 2003.

Et le Wall Street Journal abonde dans le même sens, ce qui n'est pas peu dire!

Puis, dans l'édition d'aujourd'hui du Guardian de Londres, on rapporte qu'une commission royale recommande de mettre un terme à la pêche dans une zone représentant 30 % des eaux territoriales britanniques parce que les espèces telles la morue et le flétan ne s'y trouvent plus en quantité suffisante pour pouvoir se reproduire.

07/12/2004 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

Quand l'industrie harnache le bouche à oreille

Rob Walker dans le New York Time Magazine du dimanche 6 décembre écrit un article fascinant sur un phénomène très intéressant. L'utilisation d'agents non payés et anonymes pour mousser certains produits auprès d'amis ou relations d'affaires qui a toute l'apparence du bouche à oreille, mais structuré et encadré par une maison de publicité.

Ces "agents" iront à un barbecue auquel on les a invité en y apportant la saucisse du dernier client, vanteront le goût de celle-ci et iront même jusqu'à donner le nom des marchands chez qui on peut se la procurer.  En fait, certaines maisons de publicité harnachent maintenant tout simplement le phénomène bien connu de la courbe de Gauss dans le monde de la diffusion de l'innovation. Selon cette théorie des années 30, la population des consommateurs se divise en 4 grandes catégories selon une courbe qui ressemble à une cloche. La gauche de la courbe constitue ce que l'on appelle les innovateurs ( early adopters), suivi de ceux qui démarrent les modes.  Au milieu de la courbe, on retrouve la majorité de la population puis à sa droite ceux qui utilisent les nouveaux produits les derniers.

Ce qu'il y a d'étonnant dans ce phénomène, c'est que ces agents ( jusqu'à 1000 pour certaines campagnes de publicité)  ne reçoivent aucun émolument et envoient des rapports précis sur l'évolution de la stratégie.  Il semble que ces gens sont fiers d'appartenir à une "élite" qui réussit à convaincre son entourage des bienfaits ou de la supériorité d'un produit donné.

Le problème c'est qu'ils vantent ces produits sans mentionner qu'ils le font pour une entreprise de publicité.

C'est à se demander s'il ne faudra pas bientôt demander à quelqu'un d'enthousiaste pour un produit, un concert, ou une voiture de divulguer les liens commerciaux qu'il a avec l'industrie qui en fait la promotion...

05/12/2004 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (1)

Évaluer la performance dans notre système de santé

Un article écrit par le Dr. Atul Gawande dans l'édition du 6 décembre de la revue The New Yorker explique les disparités qui existent entre les résultats obtenus par différents hôpitaux dans le traitement des personnes atteintes de fibrose kystique.

Dans son texte, l'auteur explique l'importance de compiler les données sur les performances ou résultats des différentes équipes et de cerner les raisons qui expliquent les bons et les mauvais résultats.  Il ne met probablement pas suffisamment en garde contre le biais de sélection qui peut expliquer pourquoi certains hôpitaux ou médecins présentent d'aussi bons résultats.  L'exemple du palmarès des écoles au Québec en est un bon exemple.  Si on fait passer un examen aux étudiants, comme dans les écoles privés et qu'on accepte que les meilleurs, il est évident qu'on obtiendra un meilleur classement au rendement scolaire à la fin de l'année.

De la même façon, si une clinique, un médecin ou un hôpital refuse de traiter les patients les plus susceptibles de présenter une morbidité ou une mortalité élevées, ils seront plus susceptibles de présenter de meilleurs résultats.

La conclusion, pour moi est simple.  Dans notre système de santé, il n'y a aucun programme permettant aux hôpitaux ou aux professionnels de la santé de se comparer, donc de savoir s'ils doivent continuer leur bon travail, s'améliorer en apprenant des meilleurs ou tout simplement arrêter de pratiquer.

05/12/2004 dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

L'industrie du jeu vidéo

Un article du New York Times décrit les conditions de travail offertes dans l'industrie du jeu vidéo aux États-Unis et suggère qu'elles frisent l'exploitation.  Basé sur des entrevues avec des employés ou ex-employés, l'auteur, Randall Stross affirme que les longues heures de travail qui devaient être sporadiques sont devenues monnaie courante et qu'on exploite la naiveté des jeunes dans cette industrie de 7.0 milliards de dollars.

22/11/2004 dans Jeux vidéo, Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0)

Merck, la cachottière

Un article percutant du Wall Street Journal relate une série de communications internes chez Merck & Co. Ces courriels et mémos semblent confirmer que dès 1996, les dirigeants de Merck savaient que le Vioxx causait une augmentation des effets secondaires cardiovasculaires.

Pour contrer cet état de fait fâcheux, Merck entreprend en 2001 une campagne de marketing fort agressive qui a pour but de détourner l'attention des médecins et du public.

Un résumé de l'article est publié dans jointandbone.org et theheart.org

Merck s'enlise....Un autre article du WSJ dans la même journée rapporte que des agences de crédit décotent la dette de Merck sur les marché d'emprunt.

Finalement, la Food & Drug Administration demande à la compagnie d'effectuer d'autres études pour que son autre médicament de la classe des Cox-2, l'etoricoxib (Arcoxia) puisse être commercialisé..... dans jointandbone.org

Un extrait du bulletin de nouvelles de Radio-Canada du 9 octobre 2004 qui porte sur le Vioxx (à 2min 39s)

01/11/2004 dans Industrie pharmaceutique | Lien permanent | Commentaires (1)

Coût des médicaments au Québec

Un lettre de André Forget, MD publié dans le numéro du 29 septembre 2004 de l'Actualité médicale explique ce que Steve Morgan du Centre for Health Services and Policy Research de Vancouver publiait dans le Journal de l'Association médicale canadienne.

D'après Steve Morgan, si c'est au Québec que le coût des médicaments est le plus élevé, c'est en grande partie dû au fait qu'au Québec, les médecins prescrivent les médicaments utilisés pour des problèmes chroniques pour des durées plus courtes que dans les autres provinces. Et à chaque fois qu'une ordonnance est renouvelée, on doit payer des honoraires aux pharmaciens de $7,80. Au Québec, les médecins prescrivent des quantités suffisantes pour 30 jours, au lieu de 60 ou 90 jours comme dans les autres provinces ce qui fait qu'on paye 12 X $7.80 ( 93.60 ) par ordonnance par année plutôt que 6 X $7,80 ( $46,80 ) ou 4 X $7,80 ( $31,20 ). Comme il n'est pas rare qu'on doive renouveler plus qu'une ordonnance à la fois, surtout chez les personnes âgées, cette pratique québécoise pourrait coûter jusqu'à 500 millions de dollars de plus annuellement que dans les autres provinces, selon les calculs du Dr Forget.

La somme en jeu mérite qu'on s'y arrête. Mais il serait intéressant de voir comment le gouvernement pourrait justifier retrancher $500,000,000 du revenu annuel des pharmacies du Québec....


26/10/2004 dans Industrie pharmaceutique | Lien permanent | Commentaires (1)

Pour arriver en 2004

Dans leur article publié dans le New York Times, Donald J. Barlett et James B. Steele recommandent l'instauration d'un système de soins de santé universel aux États-Unis et l'informatisation des dossiers-patients.

Les auteurs de "Critical Condition: How Health Care in America Became Big Business - And Bad Medicine" se demandent aussi pourquoi il y a présentement pénurie de vaccins contre la grippe aux États-Unis et une surabondance de médicaments utilisés dans la dysfonction érectile. Le profit! Les compagnies pharmaceutiques investissent dans la recherche qui produira des médicaments utilisés par des millions de patients des millions de fois.


Chaque année, aux États-Unis, 100,000 personnes meurent à cause d'effets secondaires reliés aux médicaments. C'est plus, selon les auteurs, que le nombre de morts causés par les drogues illégales.

L'informatisation de la prestation des soins de santé permettrait de mieux évaluer l'efficacité de nos interventions pharmacologiques, médicales ou chirurgicales. Elle permettrait aussi d'identifier les médecins qui doivent être ¨ré-éduqués¨pour éviter la flambée des coûts, les procédures inutiles ou un accroissement de la morbidité.

Et puis finalement, bien qu'il soit maintenant archi reconnu que le meilleur remède reste la prévention, nous investissons encore plus massivement dans le traitement....

24/10/2004 dans Industrie pharmaceutique | Lien permanent | Commentaires (0)

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